| « Nous venons de vivre une année 2025 très particulière, m’écrit Benjamin Hessel qui conduit le réputé Château des Annereaux, sur la rive droite, à Lalande de Pomerol. « Il est tombé de mai à août 122 mm de pluie seulement en quatre mois, dont 93 journées, soit 3 mois sans aucune pluie, avec 19 journées au dessus de 35 ° et un pic de température de 42 ° le 11 août . »On a la bouche sèche rien que d’y repenser ! Pourtant, la vigne a tenu bon, les ceps ont montré une remarquable résilience. Cette plante originaire du Moyen-Orient est, par nature, capable d’affronter ce genre de climats excessifs et ses racines, quand elle est adulte, savent aller chercher l’eau à des profondeurs incroyables dépassant largement les 10 voire 15 mètres. Par contre, mon jardin a mal vécu cette période ! La pelouse ressemble à un tapis de paille et le puits, pourtant profond de 13 mètres, est à sec depuis début Juillet, rendant l’arrosage impossible. Dure période ! Le tulipier, le petit abricotier et les camélias perdent déjà leurs feuilles, on se croirait fin octobre… Les feuilles du lilas pendent comme des chaussettes sur leur fil ! Les dahlias se sont mis en grève et ne fleurissent pas du tout. Même les rosiers et la lavande font grise mine ; quant aux tomates, elles arrivent difficilement à rougir et offrent des peaux très épaisses ce qui exige de les peler avant de les manger ! Seules ont survécu quelques plantes aromatiques thym, serpolet, origan et romarin; le basilic, pourtant à l’ombre, se consacre à faire des graines pour assurer l’avenir, sans doute, mais il est désormais sans aucune feuille, ce qui est bien dommage pour les salades de tomates… même pelées ! Fort heureusement pour les vignerons, l’état sanitaire du vignoble est excellent et les grappes arrivent à maturité de façon sereine, promettant un millésime solaire, bien structuré, de belle qualité. J-Ch. Estève. |
| LES VENDANGES 2025Les vendanges de 2025 ont commencé en août pour les raisins blancs destinés à faire des bulles. A Sauternes, la vendange 2025 du blanc sec « G de Guiraud » a commencé le 18 Août, ce qui est très tôt, et se finira dès le 3 septembre ! Pour les liquoreux, la petite pluie de fin aôut a été très bénéfique, on commence à envisager une belle récolte, avec une première trie de départ en septembre mais sans urgence pour le moment. En champagne, le coup de sifflet du départ vient d’être donné chez les vigneronnes de notre champagne exclusif, les sœurs Baron, et tout va bien, le volume ramassé est bon, la maturité est belle. C’est le cas dans tous les vignobles et avec un état sanitaire excellent; on se dirige, une fois encore, vers un millésime » en cinq » de grande qualité comme le furent 2015, 2005, 1995, 1985, 1975 ; il n’existe à ma connaissance aucune raison logique pour expliquer ces réussites étincelantes de millésimes se terminant par cinq, on ne peut que les constater…! |
Pour sourire un peu et faire plaisir à un lecteur qui se reconnaîtra, je voudrais rajouter ici quelques citations d’Alexandre Vialatte, auteur qui me réjouit les neurones depuis… toujours ! |
| – Je me présente: Vialatte, écrivain notoirement méconnu. – Le vin est comme le médecin : il guérit quelquefois, il soulage souvent, il console toujours. – Où serait le plaisir sans la mauvaise foi ? On en a dit beaucoup trop de mal. Elle aide beaucoup au triomphe des causes. Même des mauvaises. Elle égalise les chances quand un adversaire est perfide. Elle permet de triompher d’un adversaire loyal. – La distinction demande des dons. Si on en manque, chercher à l’obtenir en cultivant habituellement des soucis élevés, tels que sauver la France, avoir les oreilles propres, employer le subjonctif. » [ Alexandre Vialatte ] – Extrait d’Almanach des quatre saisons |